Dimanche 14 février 2010
6ème dimanche du Temps Ordinaire
Nous venons d’acclamer la Parole de Dieu et nous l’avons fait avec tout notre cœur.
Mais comment la recevons-nous ?
Comment vivons-nous cette béatitude exprimée par Jésus : « Heureux êtes-vous quand
les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable ». Comment pouvons-nous être heureux de cela ?
C’est un peu fort, ne trouvez-vous pas !
Comme toujours, Jésus nous invite à dépasser les apparences, à construire notre vie sur la
foi.
Il vient nous dire que si notre vie est véritablement fondée sur le roc, c’est-à-dire sur le
Christ, alors nous ne vivrons pas au fond de nous-mêmes de situation d’exclusion.
« Heureux les
pauvres », oui parce qu’être pauvre n’est pas une malédiction. Pour le monde, si je suis pauvre, c’est parce que je ne suis pas bon, je n’ai pas su réussir. La société me rejette ou me
met de côté. Jésus vient me dire que ce n’est pas le cas avec Dieu. Il vient me rassurer et me dire que mon échec social n’a rien à voir avec le regard de Dieu sur moi. Et au cœur de ma misère,
je perçois sa présence et sa tendresse. Je peux donc être heureux dans ma pauvreté car il devient ma véritable richesse.
La foi m’invite à la confiance au-delà des apparences.
« Heureux vous qui avez faim maintenant ». Si vous n’avez ni faim, ni soif, si vous
êtes rassasiés de tout, si votre vie n’éprouve pas le manque, y aura-t-il place pour l’autre, pour le Tout Autre ?
« On m'a trop donné bien avant l'envie, j'ai oublié des rêves et des mercis » chante
Johnny Halliday et il se plaint qu’on n’a jamais laissé le désir grandir en lui.
Le désir, thème cher à St Augustin. Le désir de voir Dieu, de le con-naître, fait grandir en
moi la capacité de le recevoir.
Notre société commence à sentir un grand vide, un grand manque. C’est certainement une chance
pour l’évangélisation. Serons-nous prêts à répondre à ces attentes ?
La foi m’invite à la confiance au-delà des apparences.
« Heureux vous qui pleurez maintenant ».
Au cœur de ma peine, de ma
souffrance, de mes tourments, de mes angoisses, Jésus vient me dire que je ne suis pas abandonné de Dieu. Bien souvent, quand on perd un
être cher, on en veut au Bon Dieu qui est venu nous prendre l’être aimé. « Qu’ai je fais au Bon Dieu pour qu’il m’arrive cela ? »
Non, je ne suis pas abandonné, je ne suis pas maudit. Dieu ne me condamne pas même s’il me
paraît que la réalité est inverse. La foi m’invite à la confiance au-delà des apparences.
« Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent, et vous repoussent, qu’ils insultent
et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. »
Nous n’avons pas à rechercher une telle situation mais nous n’avons pas à la craindre. Craindre
d’être rejeté des autres est une grande faiblesse. On devient dépendant du sentiment des autres. Jésus nous invite à être nous-mêmes et à nous recevoir de Lui. Nous aimer tels que nous sommes
parce que nous sommes beaux.
Le seul qui me connaisse vraiment, c’est Dieu le Père. Le seul qui ait un
regard juste sur moi, c’est Lui, bien plus juste que le regard que je peux porter sur moi-même, qui est soit négatif, soit positif mais jamais réaliste.
« Si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toute
chose » dit St jean dans sa première épître. Ne pas se regarder soi-même, mais se recevoir de Dieu comme un enfant pécheur mais bien aimé du Père.
Cette lecture de ces béatitudes nous donne un éclairage pour lire les malédictions qui suivent.
Je vous laisserai faire cet exercice. N’oubliez pas de demander l’assistance de l’Esprit Saint qui est indispensable pour découvrir la Parole de Dieu.
Isaïe dans la première lecture nous invite à entrer dans cette démarche :
« Maudit soi l’homme qui met sa confiance dans un mortel, qui s’appuie sur un être
de chair tandis que son cœur se détourne du Seigneur. »
Le Seigneur ne veut pas que nous n’ayons pas confiance les uns dans les autres. Comment le
couple pourrait-il exister sans cela, mais il nous invite à passer de nos dieux humains au Dieu du ciel. Dans notre enfance, nos parents sont pour nous comme des dieux. Notre époux ou notre
épouse peuvent l’être aussi. Que de déceptions lorsque nous découvrons leurs défauts. Et pourtant, c’est indispensable, il nous faut passer de la créature au Créateur.
Alors, oui, « il est béni l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur
est l’espoir ».