Lundi 14 septembre 2009
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La communauté est comme un tissu qui
s'élabore. Un tissu dont on ne sait pas ce qu'il sera, mais qui, autour de nous et avec nous, s'élabore peu à peu, se tisse, sans modèle ni dessin savant.
Dans ce tissu, je peux être un trait de couleur... Bleu profond... Rouge éclatant... Ou bien le fil de lin gris ? Cette troisième couleur, au dire des tisserands,
est la plus importante. Le gris neutre de tous les jours, celui qui fait chanter le bleu profond et le rouge éclatant : celui qui est porteur d'harmonie.
N'avoir que ma propre couleur, et de cela me réjouir, pour qu'elle apporte
la joie et non la rivalité (comme si moi bleu, j'étais l'ennemi du vert ! Comme si j'étais moi ton adversaire !). Et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas entrer avec nous dans
l'ouvrage ?
Irai-je, les précédant, leur faire place, pour qu'ils viennent librement de leurs propres couleurs se mêler au dessin ?
Il y a une place pour tous. Et
chaque fil vient apporter une continuité : non seulement ceux qui à l'origine du travail ont été tendus d'un support à l'autre du métier, mais aussi chaque fil !
Un fil vient à se rompre, aussitôt le travail s'arrête
et
les mains patientes de tous les tisserands s'appliquent à le renouer. Chaque fil, même le plus lumineux, peut disparaître, tissé sous les autres. Il est cependant là, non loin, même si notre oeil
ne le perçoit plus.
Maintenant c'est à mon tour d'être lancé à travers la chaîne. Quand mon trait aura été tissé, alors toute l'harmonie apparaîtra : harmonie de ma nuance mêlée à
toutes les autres, qui l'accompagnent jusqu'à ce qu'elle disparaisse.
Un tisserand de Finlande.
Par Paroisse Centre Ville Angoulême
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Publié dans : Pour réfléchir...
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